Les plages du Salento : deux mers, deux ambiances

Les plages du Salento, territoire pris entre l’Adriatique à l’est et la mer Ionienne à l’ouest, ne se ressemblent pas. En parcourant la région, on ne retrouve jamais exactement le même paysage. Une plage tranquille peut laisser place quelques kilomètres plus loin à une côte rocheuse battue par les vagues et on peut passer des longues plages de sable à des falaises calcaires, des petites criques ou des côtes beaucoup plus sauvages. Et lorsque le vent se lève, le décor change complètement. Le vent compte énormément dans le Salento. Une plage peut être très agréable un jour et beaucoup moins le lendemain. Les habitants choisissent souvent leur côté de côte en fonction du vent : lorsqu'il souffle d'un côté, l'autre littoral peut offrir une mer beaucoup plus calme.

 

LE PARADIS… AVEC QUELQUES NUANCES

Sur la côte adriatique : davantage de roches

Sur la côte adriatique, entre Lecce et Otranto, le paysage est souvent spectaculaire. Les falaises et les rochers alternent avec de belles plages de sable. Torre dell'Orso est l'une des plus connues, avec sa grande plage bordée de pinède et ses deux fameux rochers, les Due Sorelle. Plus au sud, la côte devient plus découpée autour de Torre Sant'Andrea, puis d'Otranto.

La Baia dei Turchi offre une plage entourée de végétation méditerranéenne sur une impression de côte encore préservée. Mais l'Adriatique peut aussi montrer un tout autre visage lorsque le vent se lève : la mer devient plus impressionnante et les vagues viennent frapper les falaises.

Des plages plus tranquilles au sud

En descendant vers Santa Maria di Leuca, le littoral devient progressivement plus rocheux. On trouve davantage de petites criques et de plateformes naturelles que de grandes plages continues.

Sur la côte ionienne : davantage de sable

À l'ouest, vers Gallipoli et Porto Cesareo, les grandes plages de sable et les eaux peu profondes donnent une impression beaucoup plus balnéaire. La côte ionienne est réputée pour ses longues plages de sable fin et ses eaux peu profondes. Autour de Baia Verde, les plages sont très fréquentées en été. Plus au sud, vers Punta Prosciutto, Torre Lapillo ou Porto Cesareo, on trouve de grandes étendues de sable blanc et une mer particulièrement claire.

Voici 10 endroits à privilégier selon moi sur les deux côtes du Salento parce qu’ils montrent différentes facettes du littoral, en alternant grandes plages, petites baies, falaises et paysages plus sauvages. Il y en a bien sûr beaucoup d’autres.

Ma sélection :

FOCUS 1

Baia dei Turchi : une plage cachée derrière la pinède

La Baia dei Turchi se trouve à environ 6 km au nord d'Otranto, sur la côte Adriatique. Elle appartient au secteur naturel protégé des lacs Alimini.

Après avoir laissé la voiture sur un parking, il faut poursuivre à pied par un chemin qui traverse la pinède. Comptez environ 10 à 15 minutes de marche. ⚠️ Le chemin peut être irrégulier et n'est pas adapté aux personnes à mobilité réduite ou aux poussettes.

On entre dans la végétation, puis la mer apparaît. J'aime beaucoup cet accès à la mer où on n'arrive pas directement sur une plage bordée de routes et de constructions. Il faut d'abord traverser la végétation avant de retrouver l'Adriatique.

Une petite baie entre rochers et végétation

La plage est enserrée entre des reliefs rocheux, avec le maquis méditerranéen et la pinède tout autour. La mer est généralement très claire et les fonds descendent progressivement. C'est un endroit idéal pour la baignade.

Pourquoi « Baia dei Turchi » ?

Selon la tradition, les troupes ottomanes auraient débarqué dans cette baie en 1480 avant d'attaquer Otranto. C'est de cet épisode que viendrait son nom de « baie des Turcs ». Difficile d'imaginer aujourd'hui que cette petite baie tranquille est associée à l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire d'Otranto.

Une grande notoriété

La Baia dei Turchi est très connue. En haute saison, elle est très fréquentée. On trouve également des parties aménagées et des services balnéaires (plage privée), même si l'environnement naturel reste très présent. Mais en dehors des heures et des périodes les plus fréquentées, le cadre reste vraiment remarquable.

FOCUS 2

Porto Badisco, une petite baie chargée d'histoire

En quittant Otranto vers le sud, la côte devient de plus en plus rocheuse. Quelques kilomètres plus loin, la route descend vers Porto Badisco, une petite baie encaissée entre les falaises.

Porto Badisco est très différent de Torre dell'Orso ou de Pescoluse. Ici, pas de grande plage qui s'étire sur plusieurs kilomètres. La côte est rocheuse et la mer s'enfonce dans une petite baie protégée, au fond de laquelle se trouve une plage de sable. Les falaises et le maquis méditerranéen entourent presque complètement l'anse. C’est plus un petit port naturel sur l'Adriatique qu'une station balnéaire classique. 

La plage est relativement petite. En été, elle est très fréquentée. Ce n'est pas forcément la plage que je choisirais pour passer toute une journée mais pour découvrir la côte Adriatique et comprendre la diversité du Salento, Porto Badisco mérite une halte.

Une belle mer colorée

Dans la partie proche de la plage, l'eau présente des teintes vert-bleu très claires, puis devient progressivement plus foncée à mesure que le fond gagne en profondeur. La combinaison de la roche claire, du sable et de la transparence de l'eau donne de très belles couleurs.

C'est également un endroit apprécié pour le snorkeling et la plongée.

Porto Badisco et Énée : une légende à nuancer

La petite baie de Porto Badisco est associée depuis longtemps à la légende du débarquement d'Énée. Difficile, aujourd'hui, de savoir si le héros de Virgile a réellement posé le pied ici. Mais la légende a traversé les siècles. Elle s'appuie sur le récit de Virgile dans L'Énéide. Mais il faut être prudent : l'identification de Porto Badisco avec le lieu exact du débarquement d'Énée n'est pas certaine.

La Grotta dei Cervi : le trésor caché de Porto Badisco

À proximité se trouve la Grotta dei Cervi, découverte en 1970 par des spéléologues. Elle renferme un ensemble exceptionnel de peintures et de pictogrammes préhistoriques qui témoignent de la fréquentation de la grotte par des populations préhistoriques. Les représentations comprennent notamment des cervidés, des figures humaines, des scènes de chasse et de nombreux signes abstraits. La grotte est fermée au public, notamment pour des raisons de conservation et en raison des difficultés d'accès aux galeries.