VENISE

Venise occupe une situation géographique exceptionnelle. Construite dans une lagune de la mer Adriatique, établie sur des pieux en chêne et en aulne dans un sol sablonneux, c’est une cité incroyable qui fait partie des lieux incontournables à visiter en Italie. Venise est une ville sans route où l’on oublie la voiture pour utiliser exclusivement les vaporetti (bateaux-bus) qui desservent les différentes îles en sillonnant les principaux canaux.

UN TOURISME RESPONSABLE

Un constat alarmant : 

🌊 Fragilité de la ville : Fondations qui s’abîment, montée des eaux (acqua alta, vibrations des bateaux)

👨‍👩‍👧‍👦 Surpopulation : Dans les ruelles ou sur la place Saint-Marc, la foule est souvent énorme

🏠 Chute de la population locale : Venise perd ses habitants : environ 50 000 aujourd’hui dans le centre historique contre 170 000 dans les années 1950. Il y a moins de commerces de proximité, et plus d’appartements touristiques.

💰 Hausse du coût de la vie : Les loyers et prix de l’immobilier étouffent les habitants.

 

Pour protéger la lagune et la ville, des mesures ont été prises :

- Restriction des grands navires

- ⚠️Taxe d’accès pour les visiteurs à la journée introduite à titre expérimental pour réguler les flux et financer les services publics. Elle concerne des dates “à forte affluence” : en 2025, elle s’applique pendant 54 jours, du 18 avril au 27 juillet, entre 8 h 30 et 16 h. Si la réservation est faite au moins 4 jours à l’avance, le tarif est 5 €. Si la réservation est effectuée moins de 4 jours avant, le tarif monte à 10 €. Après paiement, le visiteur reçoit un QR code qu’il doit présenter en cas de contrôle à certains points d’entrée de la ville (réservation sur une plate-forme en ligne). En 2025, selon la mairie de Venise, le système a généré plus de 5 millions d’euros grâce aux visiteurs d’un jour. Cependant, l’impact sur le nombre de de ces visiteurs est plutôt faible.

- Contrôle des locations touristiques (Airbnb et autres) pour limiter la transformation des logements en hébergements touristiques.

- Gestion des flux de visiteurs : capteurs dans les rues, panneaux d’information, itinéraires alternatifs.

En résumé, comment visiter Venise de manière responsable ?

  • En évitant les heures ou saisons de forte affluence
  • En préférant un séjour de plusieurs jours plutôt que quelques heures
  • En dormant dans un logement géré localement
  • En respectant les règles : pas de pique-nique sur les marches, pas de baignade dans les canaux, pas de valises à roulettes dans certaines zones
  • En sortant des quartiers touristiques (Castello, Cannaregio, Giudecca…)

Maintenant que vous êtes avertis, comment vous rendre à Venise ?

✈️ En avion

Le plus rapide.

  • Aéroport principal : Venice Marco Polo (VCE), situé à 20–30 min du centre.
  • De l’aéroport au centre :
    • Vaporetto (Alilaguna) : bateau-direct pour Venise.
    • Bus (ATVO ou ACTV) jusqu’à Piazzale Roma.
    • Taxi bateau (cher mais direct).

🚆 En train

Les trains internationaux et italiens arrivent à :

  • Venezia Santa Lucia : directement dans Venise, face au Grand Canal.
  • Venezia Mestre : sur le continent (puis 10 min en train vers Santa Lucia).

🚗 En voiture

Les parkings sont chers. Il en existe plusieurs dans la zone de Piazzale Roma (les plus grands, et les plus proches, ouverts 24H/24) 

  • On peut se garer à :
    • Piazzale Roma (parking le plus proche du centre).
    • Tronchetto (grand parking sur une île artificielle qui sert de terminal pour les ferrys). Puis continuer à pied ou en vaporetto.

Il est possible également de laisser son véhicule dans les parkings de Marghera, juste avant le pont de la Liberté qui relie Venise à la terre ferme, à Mestre ou à l'aéroport Marco Polo. C'est un peu moins cher, mais plus éloigné.

🚌 En bus

Des bus régionaux ou internationaux arrivent à Piazzale Roma.
Ensuite on circule à pied ou en vaporetto.

📌Attention : les billets pour le Vaporetto (ACTV) peuvent être assez chers, mais des passes pour un ou plusieurs jours sont disponibles.  

LA PLACE SAINT-MARC

La place Saint-Marc est le coeur de Venise. Elle se situe au bord du Grand Canal et on y trouve la basilique Saint-Marc, le campanile de Saint-Marc, le palais des Doges et la tour de l'horloge. Construite au XVe siècle, Elle est ornée d'une horloge qui indique les heures, les phases de lune, la position du soleil, les saisons, et les signes du zodiaque. 

Au-dessus de l'horloge se trouvent une statue de la Vierge et un lion de Saint Marc, et au sommet deux statues de Maures qui frappent une cloche toutes les heures.

Ne pas hésiter à monter au sommet du campanile en ascenseur (l'accès est payant) pour profiter d'une vue sublime sur la lagune. C'est l'édifice le plus élevé de la ville (98,5 mètres) qui à l'origine servait à la fois de phare pour les navigateurs et de tour campanaire (tour ne faisant pas partie du bâtiment principal de l'église ou de la cathédrale, mais construite à côté, comme la Tour de Pise). 

On n'échappe pas aux pigeons sur la place qui généralement grouille de monde. Il semble que la terre entière se donne rendez-vous devant le palais des Doges

Cour intérieure du Palais des Doges

LE PALAIS DES DOGES

La visite du palais des Doges, centre du pouvoir politique à Venise depuis le neuvième siècle, est incontournable si l'on veut comprendre ce qu'a été la puissance de cette cité lacustre pendant des siècles.

La formule "Itinéraires Secrets" permet de visiter les anciennes prisons, les célèbres "plombs" et la cellule du prisonnier le plus célèbre qui s'en soit échappé : Giacomo Casanova. Les guides entraînent les visiteurs dans les endroits les plus insolites du Palais : la salle secrète de chancellerie où se trouvaient les documents les plus secrets de la magistrature vénitienne, la salle de torture utilisée par la police pour récolter des informations, la chambre des inquisiteurs, une petite salle où on accédait aux prisons souterraines par une porte secrète.

Le pont des soupirs (Ponte dei sospiri) que l’on traverse lors de la visite, n'est pas le pont des amoureux contrairement à ce que l'on croit souvent, mais un pont reliant le palais des Doges aux prisons. Le nom renvoie aux soupirs exprimés par les prisonniers conduits devant les juges.

Palais des Doges - Cellules des prisonniers - Le pont des soupirs

LE RIALTO

Le Rialto est l’un des cœurs historiques et symboliques de Venise, un lieu où se mêlent depuis des siècles commerce, vie quotidienne et passages incessants entre les rives du Grand Canal. Le mot Rialto vient de Rivus Altus (« rivage élevé »), car c’est l’une des zones les plus stables du sol vénitien.

Dès le Moyen Âge, c’était "le" centre économique de la ville avec ses marchands venus d’Orient et d’Europe, ses banques, ses magasins d’épices, de tissus et d’or, et ses entrepôts pour les marchandises arrivées par la mer.

Gondolier devant le pont du Rialto

Le pont du Rialto sous un autre angle

Le Pont du Rialto, avec son arche unique en pierre, est le plus ancien pont qui enjambe le Grand Canal. Construit à la fin du XVIᵉ siècle pour remplacer un pont de bois instable et fragile, il a longtemps été la seule manière de traverser le canal à pied. À plusieurs reprises, il s’effondra sous le poids des foules ou à cause d’incidents divers. Sa structure imposante, couverte de petites boutiques, indique qu’il a toujours été à la fois un passage et un espace de commerce.

SE BALADER LOIN DES CIRCUITS OFFICIELS

San Giorgio

Venise est une cité curieuse.  Les touristes s'agglutinent aux mêmes endroits (le Palais des Doges, le Rialto, la place Saint-Marc, le pont des soupirs...) alors qu'il y a tant de choses à découvrir.

Choisissez de vous perdre le long des canaux :  il arrive même d'être complètement seuls dans des endroits qui valent le coup d'œil. Il faut vraiment prendre le temps de flâner. En s’éloignant des parcours touristiques classiques, on découvre une Venise silencieuse faite de ruelles désertes, de jardins cachés, de bibliothèques, de lieux où le temps semble suspendu.

La ville est tellement incroyable avec ses ruelles, ses canaux, ses palais, elle est tellement unique, qu'on ne peut pas être blasé.

Ne pas zapper la petite île de San Giorgio, située à proximité de la Giudecca. De là, la vue sur le palais des Doges est imparable.

Dire que « Venise n’est pas qu’une ville à touristes » revient à rappeler que, derrière l’image souvent réductrice d’un décor saturé de visiteurs, existe une véritable cité vivante, avec son identité propre. On aurait tendance à occulter que Venise compte encore des Vénitiens qui y vivent, y travaillent, y élèvent leurs enfants. Ils ont leurs quartiers, leurs habitudes, leurs traditions.

Les marchés (comme celui du Rialto), les ateliers d’artisans – verriers, imprimeurs, luthiers, gondoliers –, ou encore la vie autour des campi, montrent une Venise quotidienne, loin du flux touristique.

Livraison sur le Grand Canal

Atelier - Perles et masques

Livraison de fûts de bière

Pour une ambiance empreinte de mystère, voir l'article du blog : VENISE DANS LE BROUILLARD

LES NAVIRES DE CROISIÈRE

Heureusement, le temps où les navires de croisière géants transportant plusieurs milliers de passagers descendaient le canal de la Giudecca avant de déboucher sur le bassin de Saint-Marc, en face du palais des Doges, et de s'éloigner lentement en direction de la mer Adriatique est révolu.

En effet, il y a eu des limitations dès 2012 pour les très gros navires, puis des projets plus stricts en 2014 mais suspendus par le tribunal administratif régional du Veneto pour des raisons juridiques. Depuis le 1er août 2021, l’interdiction est plus stricte. Les navires de croisière remplissant au moins un des critères suivants ne peuvent plus emprunter le canal de la Giudecca : poids supérieur à 25 000 tonnes, longueur supérieure à 180 m, hauteur supérieure à 35 m, ou émissions de soufre trop élevées.

Le canal de la Giudecca, ainsi que le bassin de Saint-Marc, sont désormais déclarés monuments nationaux, ce qui  autorise des restrictions permanentes. Il était incroyable de laisser ces monstres des mers emprunter ce chemin sans penser aux dommages irréparables qu'ils causaient sur les fondations des palais et des églises.

LES GONDOLES

La gondole n’est pas seulement un cliché touristique. C’est un bateau parfaitement adapté à un environnement unique au monde, fruit de siècles d’ingéniosité, de culture et de tradition. La gondole fait partie de l’identité de la ville, autant que ses ponts et ses palais.

C’est une embarcation asymétrique, légèrement plus large d’un côté que de l’autre pour compenser la poussée du gondolier, qui rame d’un seul côté. La rame unique repose sur un support sculpté, la forcola, dont la forme sert à changer la vitesse, la direction et même la manière d’aborder un virage. Ce déséquilibre calculé lui permet d’avancer en ligne droite — une prouesse millimétrée. C’est un bateau pensé pour la lagune, dont la forme plate et allongée permet de naviguer dans les eaux peu profondes et les canaux étroits.

En savoir plus avec l'article du blog : TOUT SAVOIR (OU PRESQUE) SUR LES GONDOLES"