VILLA DURAZZO - PALLAVICINI À PEGLI : UN PARC ROMANTIQUE AUX PORTES DE GÊNES
À l'ouest de Gênes, Pegli est un agréable quartier du littoral, connu pour ses anciennes villas aristocratiques, ses jardins et ses plages fréquentées en été. Mais son principal attrait reste la Villa Durazzo-Pallavicini, dont le parc romantique, aménagé au XIXe siècle, a été élu plus beau parc d'Italie en 2017.
La Villa Durazzo-Pallavicini : un peu d'histoire
La Villa Durazzo-Pallavicini trouve ses origines dans une ancienne résidence aristocratique ayant appartenu à la famille Grimaldi, avant de passer aux mains des Durazzo, puis des Pallavicini, trois grandes familles de la noblesse génoise.
À la fin du XVIIIe siècle, la marquise Clelia Durazzo, passionnée de botanique, y fait aménager un jardin botanique destiné à accueillir des espèces rares et exotiques.Au XIXe siècle, le marquis Ignazio Alessandro Pallavicini confie à Michele Canzio, architecte et scénographe du Teatro Carlo Felice de Gênes, l'aménagement d'un vaste parc romantique. Réalisé entre 1840 et 1846, celui-ci est ouvert au public dès son inauguration.
En 2017, le parc de la Villa Durazzo-Pallavicini a été élu plus beau parc d'Italie dans la catégorie des parcs publics.
Un parc romantique conçu comme un théâtre
L'originalité de ce parc réside dans sa conception : Michele Canzio ne l'a pas imaginé comme un simple jardin d'agrément, mais comme une véritable représentation théâtrale, dans laquelle le promeneur devient lui-même acteur.
Le parcours, long d'environ 2,5 kilomètres, est organisé en trois actes, comme une pièce de théâtre. Chaque étape dévoile un nouveau décor et possède une signification symbolique. Les paysages se succèdent au fil des sentiers, entre végétation luxuriante, arbres exotiques, lacs, temples néoclassiques, obélisque, grottes artificielles et pagodes d'inspiration orientale.
Rien n'a été laissé au hasard : les perspectives, les changements de lumière, les passages ombragés et les ouvertures sur les paysages ont été soigneusement étudiés pour surprendre le promeneur. Certains décors évoquent l'Antiquité, d'autres des contrées lointaines ou des univers mystérieux.
Que voir dans le parc de la Villa Durazzo-Pallavicini ?
Les jardins de camélias
Les compositions florales constituent l'un des grands attraits du parc de la Villa Durazzo-Pallavicini, notamment grâce à ses magnifiques collections de camélias, devenus l'un des symboles du domaine. La culture de ces fleurs remonte à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la marquise Clelia Durazzo entreprit d'enrichir les jardins de plantes rares et exotiques. Originaires principalement d'Asie orientale, les camélias étaient alors particulièrement recherchés par l'aristocratie européenne.
Le parc abrite aujourd'hui de nombreuses variétés de camélias, dont certaines anciennes, aux fleurs simples ou doubles, dans des nuances allant du blanc au rose pâle, jusqu'au rouge profond. Leur floraison, qui s'étend généralement de la fin de l'hiver au printemps, transforme certaines allées en véritables jardins fleuris. Le climat doux et humide de la côte ligure est particulièrement favorable à leur développement. Malheureusement, lors de notre visite fin juin, la saison des camélias était déjà terminée. Nous n'avons donc pas pu admirer cette profusion de fleurs qui fait la réputation de la villa. Les arbustes avaient retrouvé leur feuillage vert et brillant, mais il nous a fallu imaginer ce que devait être le spectacle quelques mois plus tôt !
Pour profiter pleinement de la floraison des camélias, mieux vaut visiter le parc entre février et avril, selon les variétés et les conditions météorologiques.
Le lac et le temple de Diane
Le Grand Lac (Lago Grande) est l'un des endroits les plus spectaculaires du parc de la Villa. Entouré d'une végétation luxuriante, il forme un véritable décor de théâtre, où chaque élément architectural a été soigneusement disposé pour composer un paysage romantique. Au centre du lac, sur une petite île, se dresse le temple de Diane (Tempio di Diana), un édifice néoclassique inspiré des temples de l'Antiquité. Il est dédié à Diane, déesse romaine de la chasse, de la nature sauvage et protectrice des femmes.
Tout autour, les constructions se succèdent dans un étonnant mélange de styles : une pagode chinoise, un pont d'inspiration orientale, un kiosque turc et un obélisque égyptien. Ces éléments exotiques témoignent du goût du XIXe siècle pour les civilisations lointaines et les jardins pittoresques. Mais ce paysage ne doit rien au hasard. Dans le parcours théâtral imaginé par Michele Canzio, le Grand Lac constitue la deuxième scène du troisième acte, intitulé La Catharsis.
Au XIXe siècle, la mise en scène était encore plus surprenante : les visiteurs pouvaient traverser les grottes à bord d'une embarcation en forme de cygne avant de déboucher sur les eaux scintillantes du lac !
Les grottes, ponts et architectures exotiques
Les grottes artificielles comptent parmi les aménagements les plus étonnants du parc. Certaines évoquent les profondeurs de la terre et l'univers inquiétant des Enfers décrit par Dante dans sa Divine Comédie. Avec leurs passages sombres, leurs rochers et leurs jeux d'ombre et de lumière, elles contrastent volontairement avec les jardins lumineux que l'on découvre ensuite. Cette opposition fait partie du parcours symbolique imaginé par Canzio : après les ténèbres vient le retour à la lumière.
Les ponts participent eux aussi à cette mise en scène. Certains franchissent les pièces d'eau, tandis que d'autres relient les différents espaces du jardin. Leurs formes et leurs styles ont été choisis pour s'intégrer aux paysages et multiplier les points de vue. Ils permettent notamment d'admirer les reflets des temples et des constructions dans les eaux du lac.
Le musée d'Archéologie ligure
La Villa Durazzo-Pallavicini abrite également le Musée d'Archéologie ligure (Museo di Archeologia Ligure), considéré comme le plus important musée archéologique de la région.
En 1928, les héritiers de la famille Pallavicini ont fait don de la villa à la municipalité de Gênes, à condition que le bâtiment soit consacré à des activités culturelles. Le musée y a été inauguré en 1936. Ses collections rassemblent plus de 50 000 objets et vestiges archéologiques, retraçant quelque 100 000 ans d'histoire de la Ligurie, depuis la Préhistoire jusqu'à la fin de l'époque romaine. On y découvre notamment des outils en pierre, des armes, des poteries, des bijoux, des sculptures et de nombreux objets de la vie quotidienne.
Parmi les pièces les plus remarquables figure la célèbre sépulture du « Prince des Arene Candide », découverte dans une grotte près de Finale Ligure. Datant d'environ 24 000 ans, elle renfermait les restes d'un jeune homme accompagné d'un exceptionnel mobilier funéraire, composé notamment de coquillages, de parures et d'objets en pierre et en os. Cette découverte constitue l'un des témoignages les plus importants des pratiques funéraires du Paléolithique en Europe. Le musée présente également des objets provenant des nécropoles de Gênes, des vestiges des anciennes cités romaines de Ligurie et la Table de Polcevera (Tavola di Polcevera), une inscription sur bronze datant de 117 av. J.-C., qui témoigne des conflits territoriaux et de l'organisation des populations ligures sous la domination romaine. Plus surprenant, une salle est consacrée à l'Égypte ancienne, avec notamment des objets funéraires et une momie, issus des collections historiques du musée.
Nous n'avons pas visité ce musée, ayant consacré notre temps à la découverte du parc de la villa. Il peut néanmoins constituer un complément intéressant pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de l'histoire de la Ligurie, au-delà de ses paysages et de ses monuments. Vous trouverez toutes les infos nécessaires sur le lien officiel : Musée d'Archéologie ligure – collections, horaires et tarifs
Comment rejoindre Pegli depuis Gênes ?
Le Navebus depuis le Porto Antico
Depuis le centre de Gênes, plusieurs lignes de bus permettent de rejoindre Pegli. Mais le moyen le plus agréable reste, à mon avis, le Navebus, une navette maritime qui relie le Porto Antico à ce quartier situé à l'ouest de la ville. La traversée permet de découvrir Gênes en longeant les installations de son immense port de commerce, avec ses cargos, ses grues et ses terminaux à conteneurs. On aperçoit également l'aéroport Cristoforo Colombo, construit en partie sur des terrains gagnés sur la mer.
À l'approche de Pegli, le panorama change complètement. Les installations industrielles laissent progressivement place aux immeubles colorés, aux villas et aux collines qui dominent le littoral. L'arrivée par la mer offre une très belle vue d'ensemble sur ce quartier, bien différente de celle que l'on découvre depuis la route.
Pegli est également apprécié des Génois qui viennent y profiter du bord de mer, se promener sur sa longue promenade maritime ou passer quelques heures à la plage, loin de l'agitation du centre-ville.
⚠️ À savoir ! Lors de notre visite en juin 2025, il était possible d'acheter son billet directement à bord du Navebus, mais uniquement en espèces. Nous pensions pouvoir payer par carte bancaire, sauf que celle-ci n'était pas acceptée. Résultat : faute de liquide, nous avons dû redescendre du bateau et nous rabattre sur le bus pour rentrer à Gênes. Une petite mésaventure dont nous nous serions bien passés.
Informations pratiques pour visiter la villa
📌 Adresse : Via Ignazio Pallavicini, 13 – Genova Pegli.
⌚ Durée : Environ 2 heures pour le parc, davantage avec des pauses, et plus bien sûr selon le temps dont vont vous disposez et selon vos envies.
🚶 Parcours : Environ 2,5 km, dont une partie importante en montée.
📌 Ouverture : Saison 2026, du 28 février au 1er novembre, fermeture habituelle le lundi.
💰 Tarifs : À partir de 13 € en plein tarif les week-ends et jours fériés, selon la grille publiée en 2026.
👨🦽 Accessibilité : Sentiers en pente et passages escarpés, visite difficile pour certaines personnes à mobilité réduite.
🐶 Animaux : Chiens et autres animaux domestiques interdits.
Ces renseignements proviennent des informations officielles, à revérifier avant chaque nouvelle saison sur la page officielle des informations pratiques
Mon avis sur la villa Durazzo-Pallavicini : ce que j'ai aimé, ce que j'ai moins aimé
🩵🩵 J’ai beaucoup aimé
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Le caractère original du parc, très différent des jardins traditionnels, avec ses lacs, ses constructions insolites et ses décors romantiques.
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La végétation luxuriante, qui donne parfois l'impression de se promener très loin de l'agitation de Gênes.
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Le cadre de Pegli, qui permet de découvrir une autre facette de la ville, bien différente de son centre historique.
😕 J'ai moins aimé
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L'absence de floraison des camélias lors de notre visite fin juin. Dommage, car ils font partie des grandes attractions botaniques du parc.
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Notre mésaventure avec le Navebus, que nous avons finalement dû abandonner faute de pouvoir régler les billets avec notre carte bancaire.
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