VISITER POMPÉI : QUE VOIR DANS LA CITÉ ANTIQUE

Etales le long du site archéologique

La ville moderne

Le Vésuve vu du site archéologique

Difficile de faire original quand on parle de Pompéi. Pourtant, malgré les millions de visiteurs qui s'y rendent, nous avons été surpris par l'immensité du site et par la sensation de parcourir une véritable ville. Visiter Pompéi, c'est découvrir bien plus que les ruines d'une ville romaine. On parcourt des rues pavées, on entre dans des habitations, on découvre des fresques et des mosaïques, et l'on s'étonne de retrouver autant de traces de la vie quotidienne. Nous y avons passé une journée entière, sans parvenir à tout voir. Voici ce qui nous a particulièrement intéressés, des maisons romaines aux édifices publics, ainsi que quelques conseils pour préparer votre visite.

POMPÉI, UNE VILLE ROMAINE FIGÉE DANS LE TEMPS

Fondée au VIe siècle avant J.-C., Pompéi est anéantie en même temps qu'Herculanum lors de l'éruption du Vésuve en 79 après J.-C.

Enfouie sous plusieurs mètres de dépôts volcaniques, la ville, protégée des intempéries et des pillages, tombe dans l'oubli pendant près de quinze siècles. Redécouverte par accident au XVIIe siècle, l'état de conservation de cette ancienne cité romaine est exceptionnel : les fouilles entreprises à partir du XVIIIe siècle permettent de mettre à jour une ville prospère, véritable témoignage de l'urbanisme et de la civilisation de la Rome antique.

Ces fouilles ont révélé des maisons, des temples, des théâtres, des fresques et des mosaïques, témoignant de l'architecture, de l'art et de la culture de l'époque.

Pompéi permet aux chercheurs et aux visiteurs de mieux comprendre l'organisation sociale, économique et urbaine des Romains.

Rue de Pompéi

Conservation de produits alimentaires

Pompéi est un site du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, avec Herculanum et Torre Annunziata, et attire des millions de visiteurs.

DANS LES RUES DE POMPÉI LE TEMPS SEMBLE S'ÊTRE ARRÊTÉ

Passage piétons, Pompéi

Trace de roue de char

Ce voyage dans l'Antiquité est fascinant. On découvre une ville entière, incroyablement bien organisée, qui témoigne du niveau de développement atteint par la civilisation romaine.

Même lorsque les visiteurs sont nombreux, il suffit de s’éloigner un peu des lieux les plus fréquentés pour se retrouver presque seul dans certaines rues. On y remarque alors des détails étonnamment concrets : des passages piétons en pierre, des traces laissées par les roues des chars…

Et puis, peu à peu, le bruit de la circulation disparaît. L’ambiance devient presque irréelle. Pendant quelques instants, on a vraiment la sensation d’avoir quitté le monde d’aujourd’hui pour être transporté près de 2 000 ans en arrière.

L'ÉRUPTION DU VÉSUVE EN 79 AP. JC

En 79 ap. J.-C., le Vésuve est entré en éruption, projetant des cendres et des gaz toxiques dans l'atmosphère. Pompéi a été ensevelie sous une épaisse couche de cendres, ce qui a permis de conserver les bâtiments, les objets et même les corps des habitants dans un état exceptionnel. L'éruption a duré plusieurs jours, et il est estimé que des milliers de personnes ont perdu la vie. Avant l'éruption, la ville comptait environ 11 000 habitants.

Les corps des victimes, figés dans différentes positions, ont également été découverts grâce à des techniques de moulage qui ont permis de fixer les derniers instants des habitants. Les cendres ont brûlé tous les tissus vivants, puis se sont déposées, créant à la fois une gaine protectrice et une image en creux de l'objet détruit. 

Au XIXe siècle, Giuseppe Fiorelli a mis au point une technique ingénieuse permettant de conserver l'empreinte des victimes de l'éruption du Vésuve. Avec le temps, les corps ensevelis sous les cendres se sont décomposés, laissant des cavités dans les dépôts volcaniques durcis. Fiorelli a eu l'idée d'y couler du plâtre, puis de retirer délicatement la couche de cendre solidifiée.

Cette méthode a permis de révéler les silhouettes des victimes, figées dans la position où elles se trouvaient au moment de leur mort. Ces moulages sont particulièrement saisissants.

Le plâtre a toutefois emprisonné les ossements, compliquant leur étude. Aujourd'hui, les techniques modernes de scanner permettent de distinguer les os du plâtre et d'en apprendre davantage sur les habitants de Pompéi.

LES MAISONS ET VILLAS ROMAINES DE POMPÉI

La vie quotidienne à Pompéi se révèle particulièrement à travers l'évolution de l'habitat au fil des siècles. Les maisons de Pompéi sont conçues de manière pratique, avec des conditions de vie en constante amélioration.

Les appartements et le foyer, fermés à l’extérieur, s'ouvrent sur un atrium à ciel ouvert, permettant à la fumée du foyer de s'évacuer, même si cela entraîne parfois des murs noircis.

Au centre de cet atrium, véritable cœur de la maison, un impluvium est installé pour recueillir l'eau de pluie, précaution essentielle dans une région volcanique où l'eau de source se faisait rare.

Avec l'avancée de la civilisation et les nouveaux besoins qu'elle apporte, l'atrium s'agrandit, s’entoure de chambres, la maison se développe.

Atrium et impluvium

Impluvium

Les fresques visibles à Pompéi

LES FRESQUES ET MOSAÏQUES DE POMPÉI

À Pompéi, comme dans d'autres cités romaines, les murs des riches habitations étaient entièrement peints, souvent avec des couleurs vives, bien que certains murs soient curieusement presque entièrement noirs. Les fresques de Pompéi présentent des styles et des inspirations très variés. On y trouve des représentations de chasses aux fauves, de batailles, des scènes bucoliques, mythologiques, érotiques, symboliques, ainsi que des décorations géométriques.

À Pompéi, on peut observer principalement des vestiges de fresques, des plaques encore visibles, mais plus ou moins bien conservées. Les effets du temps qui passe, des intempéries et des visiteurs ont en effet contribué à la dégradation de ces peintures.

Il subsiste quelques endroits dont les murs sont ornés de fresques, comme la villa des Mystères ou la maison de Marco Lucretius Frontone. Toutefois, de nombreuses fresques ont été retirées de leurs murs d'origine pour être restaurées et préservées au musée archéologique de Naples.

LES FORUMS, LES TEMPLES ET LES AMPHITHÉÂTRES 

La ville possédait tous les équipements d'une cité romaine : un forum, des temples, des thermes, des théâtres et même un grand amphithéâtre. Le forum constituait le centre de la vie publique, tandis que les thermes et les lieux de spectacles occupaient une place importante dans le quotidien des habitants.

En parcourant ces différents espaces, nous avons été frappés par l'organisation de la ville et par les dimensions de certains édifices. Près de 2 000 ans plus tard, on distingue encore très bien leurs fonctions.

Le forum

Le petit amphithéâtre

Le forum

Petit amphithéâtre, détail

Portique du forum civique

La caserma dei gladiatori

Temple d'Apollon

Statue d'Apollon

Entrée de la nécropole

Nécropole

Grand amphithéâtre

Conseils pratiques pour visiter Pompéi

🔍 Penser à prendre de quoi se désaltérer, un chapeau, et surtout porter des chaussures confortables type baskets ou chaussures de rando car on marche beaucoup sur un sol souvent irrégulier.

⚠️🔍🔍 Bien réserver votre billet d’entrée à Pompéi. Le nombre de visiteurs est limité (20 000 entrées maximum par jour). Il est conseillé d'acheter ses billets sur internet avant la visite pour échapper à la longue file d'attente qui se forme dès l'ouverture du site. Les billets d'entrée au parc archéologique sont nominatifs. Plus d'infos sur le site officiel

🔍🔍🔍 La découverte de Pompéi peut se faire de différentes façons : en visite libre, ou en visite guidée (mais dans ce cas, il n'est pas possible de s'attarder ou de revenir sur ses pas, ou de prendre son temps). Il existe des visites en français, avec un guide ou un archéologue.

Quelques conseils supplémentaires pour visiter Pompéi

🚉 Comment s'y rendre : Accès depuis Naples ou Sorrento via le train Circumvesuviana (station Pompei Scavi - Villa dei Misteri).

📍Choisir son entrée : Porta Marina est particulièrement pratique lorsqu'on arrive en train depuis Naples ou Sorrento. Piazza Anfiteatro permet de commencer la visite à l'autre extrémité du site.

👨‍🦽 L'accessibilité : un itinéraire facilité, « Pompéi pour tous », existe notamment depuis la Piazza Anfiteatro.

⌚ Prévoir suffisamment de temps : une journée entière n'est pas de trop pour découvrir Pompéi. Même ainsi, il est difficile de tout voir, nous avons loupé certains édifices.

🗺️ Se procurer un plan : le site est immense et il est facile de perdre du temps à chercher certains monuments.

⚠️ Attention aux maisons fermées : toutes les habitations ne sont pas accessibles en permanence. Les ouvertures varient notamment en fonction des travaux de conservation.

🎒 Voyager léger : les sacs volumineux sont interdits et les consignes sont payantes.

🎟️ Ne pas sortir avant d'avoir terminé : le billet ne permet pas de revenir sur le site après en être sorti.

📷 Photographier les vestiges : les photos personnelles sont autorisées, mais sans flash ni trépied.

Si Pompéi nous a impressionnés par son immensité, Herculanum permet une découverte différente de la vie romaine. Plus petit, le site possède des bâtiments remarquablement conservés. Vous pouvez également retrouver notre visite d'Herculanum et nos conseils pratiques.

Mon avis sur Pompéi : ce que j'ai aimé, ce que j'ai moins aimé

🩵🩵🩵 🩵 J’ai beaucoup aimé

L'impression de parcourir une ville entière, avec ses rues, ses maisons, ses commerces et ses monuments. Pompéi est extrêmement vaste.

Les détails de la vie quotidienne, comme les passages piétons en pierre, les traces des roues de chars ou les bassins de récupération d'eau. 

Les rues moins fréquentées, où nous avons parfois eu l'impression d'être seuls. Loin des groupes, l'atmosphère change complètement.

La diversité des lieux, des maisons particulières aux grands édifices publics.

😐 J'ai moins aimé

    L'impossibilité de tout découvrir en une journée. Nous avons beaucoup marché, mais certains édifices nous ont échappé.

    L'affluence dans les secteurs les plus connus, qui rend parfois difficile de prendre son temps.

    L'absence sur place de certaines fresques originales, aujourd'hui conservées au musée archéologique de Naples. Nous aurions aimé les découvrir dans leur environnement d'origine.