VISITER LE CIMETIÈRE MONUMENTAL DE STAGLIENO À GÊNES

Après avoir découvert les palais et les ruelles du centre historique de Gênes, nous avons choisi une visite très différente : celle du cimetière monumental de Staglieno. La visite est assez inhabituelle, bien loin des palais et des ruelles animées. Moins glamour, certes, mais franchement étonnante ! À une vingtaine de minutes du port en bus, on découvre l'un des plus grands cimetières monumentaux d'Europe, avec ses interminables galeries, ses mausolées imposants et ses centaines de sculptures. Inauguré en 1851, ce véritable musée à ciel ouvert témoigne de la richesse des grandes familles génoises au XIXe siècle. Certaines sépultures rivalisent de grandeur et d'ostentation, tandis que les statues de marbre, parfois d'un réalisme saisissant, donnent au lieu une atmosphère très particulière.

Un cimetière monumental inauguré en 1851

L'histoire du cimetière monumental de Staglieno commence en 1835, lorsque l'architecte génois Carlo Barabino est chargé de concevoir un nouveau cimetière pour la ville. Après sa mort lors d'une épidémie de choléra, son élève Giovanni Battista Resasco reprend le projet et poursuit les travaux jusqu'à l'ouverture du cimetière en 1851. Conçu dans un style principalement néoclassique, Staglieno devient progressivement le lieu de sépulture privilégié de la bourgeoisie génoise. Dès l'origine, Staglieno est donc conçu comme un ensemble architectural grandiose, où les sépultures s'intègrent à une véritable mise en scène monumentale.

À la fin du XIXe siècle, les secteurs situés sur les collines se développent et les chapelles familiales se multiplient. Au XXe siècle, les agrandissements, avec des espaces funéraires aux formes plus contemporaines et généralement moins ornementées, sont poursuivis.

En parcourant les galeries du cimetière, il devient évident que ce lieu raconte autant l'histoire de la mort que celle de la société génoise du XIXe siècle. Derrière ces monuments parfois démesurés se devinent la richesse des grandes familles, leur volonté de laisser une trace et le talent extraordinaire des sculpteurs qui ont travaillé ici.

Pour plus d'infos, vous pouvez consulter la présentation historique officielle du cimetière et la présentation de Staglieno par l'office du tourisme de Gênes.

Les sculptures et les galeries monumentales

Ce qui frappe d'abord lorsqu'on découvre le cimetière monumental de Staglieno, ce sont les deux immenses galeries couvertes, bordées d'arcades, qui abritent les somptueuses sépultures des grandes familles de la bourgeoisie génoise. Véritables galeries d'art funéraire, elles rassemblent une extraordinaire collection de sculptures, principalement réalisées en marbre blanc, dont certaines sont de véritables chefs-d'œuvre.

Les tombeaux rivalisent de grandeur et de raffinement. Anges aux ailes déployées, femmes éplorées, personnages agenouillés, portraits de défunts et scènes bibliques se succèdent sous les arcades. Chaque monument raconte à sa manière une histoire de deuil, de séparation, d'amour ou d'espérance en une vie éternelle. Certains représentent des familles réunies autour d'un être disparu, tandis que d'autres mettent en scène des anges semblant accompagner les défunts vers l'au-delà.

Le réalisme extraordinaire de certaines sculptures, caractéristiques de l'art funéraire génois de la seconde moitié du XIXe siècle, est vraiment impressionnant. Les artistes ont reproduit les moindres détails des visages, des chevelures et des vêtements, jusqu'aux plis des robes, aux broderies et aux dentelles, avec une précision presque incroyable. Les expressions de tristesse, les regards et les gestes sont si naturels que certaines statues semblent sur le point de s'animer ! Cette profusion de monuments témoigne de la richesse et du prestige des familles génoises de l'époque. Les plus fortunées n'hésitaient pas à faire appel à des sculpteurs renommés pour ériger des sépultures toujours plus imposantes, transformant progressivement ces galeries en un véritable musée de sculptures à ciel ouvert.

On passe ainsi d'un tombeau à l'autre, tantôt admiratifs devant la finesse du travail du marbre, tantôt surpris par le caractère presque théâtral de certaines compositions. Une promenade assez fascinante, où l'art et la mort se côtoient littéralement à chaque pas.

Il est fort dommage quand même que les statues, dont certaines sont magnifiques et étonnantes de réalisme, soient noires de poussière, comme si elles avaient été laissées à l'abandon. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas simplement une question de manque d'entretien. Au fil des décennies, la pollution industrielle et portuaire de Gênes a laissé sur le marbre des dépôts noirâtres, parfois incrustés dans la pierre. Leur élimination nécessite des techniques de restauration particulières pour ne pas endommager ces sculptures anciennes.

Autre difficulté : la plupart de ces tombeaux appartiennent à des familles privées, auxquelles incombe leur entretien. Or, certaines sépultures remontent au XIXe siècle et leurs descendants sont parfois difficiles à retrouver. La municipalité ne peut donc pas intervenir librement sur ces monuments, même lorsqu'elle dispose des moyens nécessaires. Des campagnes de restauration sont néanmoins organisées, notamment grâce au soutien de mécènes et d'associations. Mais devant le nombre considérable de sculptures, le travail reste immense. Dommage, car on imagine facilement à quel point ces galeries devaient être spectaculaires lorsque toutes ces statues de marbre étaient encore éclatantes de blancheur !

Une visite guidée… pas si officielle !

À peine arrivés à l'entrée du cimetière, nous nous sommes faits alpaguer par un monsieur d'un certain âge qui, quelques documents à la main, nous a proposé de nous faire visiter les lieux. Il avait l'air de parfaitement connaître son sujet, nous a raconté l'histoire du cimetière et de ses monuments avec beaucoup d'assurance. Bref, nous pensions tout naturellement avoir affaire à un guide officiel et avons accepté de le suivre.

Au cours de la visite, nous avons croisé un autre groupe accompagné d'une guide qui a lancé à notre monsieur un regard noir assez mémorable. Nous l'avons remarqué, mais sans vraiment comprendre ce qui lui avait valu une telle hostilité. C'est à la fin de la visite que nous avons compris. Notre « guide » n'avait visiblement rien d'officiel et nous a réclamé de l'argent, en nous expliquant que sa femme était malade et qu'il avait besoin de l'aider financièrement. Difficile de savoir si son histoire était vraie, mais nous avons réalisé alors que nous nous étions probablement faits avoir ! Bon, il faut tout de même reconnaître qu'il connaissait bien son sujet et que ses explications étaient intéressantes. Nous avons donc eu droit à une visite plutôt instructive, avec en prime une petite leçon de méfiance.

Un conseil : si quelqu'un vous propose spontanément ses services à l'entrée de Staglieno, assurez-vous qu'il s'agit bien d'un guide officiel… et mettez-vous d'accord sur le prix avant de le suivre !

Les mausolées et les parties plus récentes du cimetière

Si le cimetière est surtout réputé pour ses extraordinaires sculptures funéraires, il s'est progressivement agrandi au fil des décennies, gagnant les collines qui entourent les galeries historiques. En s'éloignant de l'entrée principale, on découvre une succession impressionnante de mausolées et de chapelles familiales, construits dans des styles architecturaux très variés. Certains s'inspirent des temples antiques, avec leurs colonnes et leurs frontons néoclassiques, tandis que d'autres empruntent au style néogothique ses arcs brisés, ses pinacles et ses décors sculptés. On trouve également des monuments d'inspiration Renaissance, ainsi que des constructions plus éclectiques, caractéristiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Ces véritables petites architectures funéraires témoignent, une fois encore, de la richesse des grandes familles génoises, qui rivalisaient d'imagination et de moyens pour ériger des sépultures à la hauteur de leur prestige. Certaines ressemblent à de petites églises ou à des chapelles miniatures, tandis que d'autres se distinguent par leurs dimensions imposantes et l'abondance de leurs ornements.

Au-delà de ces mausolées, le cimetière s'étend sur les pentes de la colline, avec des allées, des terrasses et des secteurs aménagés à différentes époques. Les sépultures y sont généralement plus sobres et moins richement décorées que dans les galeries monumentales. On y découvre une autre facette de Staglieno, celle d'un cimetière qui a continué à évoluer avec la ville et ses habitants.

Personnellement, j'ai trouvé cette partie plus récente moins intéressante sur le plan artistique. Après la profusion de statues et de monuments spectaculaires des galeries historiques, le contraste est assez marqué. Elle permet néanmoins de mesurer l'étendue considérable du cimetière et de comprendre comment il s'est développé au fil du temps.

Il n’y avait pas foule lors de notre passage, il faut dire que la visite d’un cimetière n’est pas forcément ce qui fait rêver les touristes ! Et pourtant, Staglieno mérite vraiment le détour. Bien plus qu’un simple lieu de sépulture, c’est un véritable musée à ciel ouvert, où l’on découvre à chaque pas des œuvres d’art parfois extraordinaires.

⚠️ Conseil important : arrosez-vous de répulsif anti-moustique, car ces bestioles y pullulent et font un festin des visiteurs ! 😡

Informations pratiques pour visiter Staglieno

📌 Adresse : Piazzale Giovanni Battista Resasco, Gênes

💰 Entrée : Gratuite - Visites guidées possibles, selon le calendrier municipal. Certaines fêtes entraînent des fermetures ou des horaires réduits. Les informations officielles sont disponibles sur le site du cimetière. ⚠️ Le cimetière ferme certains jours fériés, notamment les 1er et 6 janvier, le 15 août et le 26 décembre. Les horaires sont également réduits à Noël et à Pâques.

🕛 Horaires habituels : Tous les jours, 7 h 30 – 17 h - Dernière entrée : 16 h 30

🚌 Transport : Depuis Brignole : Bus 13 ou 14 - Depuis Piazza Principe : Bus 34

🚗 En voiture : Autoroute A12, sortie Genova Est

👨‍🦽 Accessibilité partielle, avec des secteurs en pente. Le cimetière est très vaste et certains secteurs sont situés sur les hauteurs. 

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Mon avis sur le cimetière monumental de Staglieno : ce que j'ai aimé, ce que j'ai moins aimé

🩵🩵 J’ai beaucoup aimé

  • L'atmosphère si particulière de cet immense cimetière, très différente de celle des autres lieux visités à Gênes.

  • Les galeries monumentales et les mausolées des grandes familles génoises, parfois d'une ostentation incroyable.

  • Les sculptures en marbre, dont certaines sont d'un réalisme saisissant. On a parfois l'impression que les personnages vont prendre vie.

  • Le calme des lieux et cette sensation de se promener dans un véritable musée à ciel ouvert, presque désert lors de notre visite.

 

😕 J'ai moins aimé

  • L'état de certaines statues, noircies par la poussière et les salissures, qui mériteraient d'être mieux entretenues.

  • La partie plus récente du cimetière, beaucoup moins intéressante à mes yeux que les galeries historiques.

  • Les moustiques, particulièrement voraces lors de notre passage ! Mieux vaut prévoir un bon répulsif avant de commencer la visite.

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