VALERIO VARESI ET LE COMMISSAIRE SONERI

Publié le 29 mars 2026 à 12:42

Valerio Varesi est un auteur italien né en 1959 à Turin. Après des études de philosophie, il devient correspondant de plusieurs journaux et travaille, entre autres, à l’édition de Bologne de la Repubblica. Il est surtout connu pour ses romans policiers ancrés dans le nord de l’Italie, en particulier autour de Parme et de la région d’Émilie-Romagne.

Son univers appartient au courant du roman noir italien, avec une forte dimension sociale et politique.

Pourquoi j’adore les bouquins de Varesi ? Parce que ses livres ne sont pas centrés uniquement sur l’enquête, mais aussi sur les transformations de la société italienne, la mémoire historique (notamment la Résistance) et les tensions entre modernité et traditions.

L’atmosphère est souvent lente, mélancolique, très descriptive, avec une grande importance donnée aux paysages (plaine du Pô, brumes, petites villes). Varesi nous rappelle un peu l’univers du commissaire Maigret. L’ambiance est aussi importante, sinon plus, que l’action.

Le commissaire Soneri

Le personnage principal est le commissaire Guido Soneri, policier à Parme. C’est un homme lucide, désabusé, solitaire, introspectif, marqué par le passé politique italien (fascisme, années de plomb) et très attaché à la gastronomie et aux traditions locales.

Il se distingue des enquêteurs classiques parce qu’il doute beaucoup. Il privilégie l’observation et la compréhension humaine, ce qui fait que ses enquêtes avancent lentement, presque au rythme de ses réflexions.

Un personnage intègre

Soneri a des rapports complexes au pouvoir. La corruption, le poids de l’histoire pèsent sur ses épaules de flic honnête. Il est aussi profondément enraciné dans son territoire, notamment dans Parme, qui devient presque un personnage à part entière.

Les enquêtes du commissaire Soneri sont passionnantes parce qu’elles sont des prétextes à une réflexion sociale sur un pays que j’adore et qui, sorti des clichés de la Dolce Vita, est parfois difficile à comprendre.

Angela

Angela est une avocate souvent engagée sur des questions sociales et civiles, c’est la compagne de Soneri. C’est une femme indépendante, cultivée et engagée, rationnelle, tournée vers la réflexion et l’analyse, à l’inverse de Soneri, qui est plus instinctif, mélancolique, ancré dans le terrain. Leur relation n’est ni simple ni conventionnelle, ils ne vivent pas toujours ensemble, leurs échanges sont souvent faits de silences et de sous-entendus.

Angela n’est pas un simple personnage secondaire. Elle est le contrepoint intellectuel aux intuitions de Soneri, le miroir critique de ses choix et de son pessimisme. Elle apporte souvent des discussions profondes sur la politique, l’histoire, la société. Elle apporte à Soneri une sorte de stabilité, mais elle ne le sauve pas de son désenchantement.

La série

J’ai commencé par hasard par « Le fleuve des brumes ». Sa couverture un peu fantomatique d’un bateau qu’on distingue à peine dans la brume a accroché mon regard et le pitch mon intérêt.

Résumé

Enquête houleuse et passé trouble : l'Italie à contre-courant La pluie tombe sans discontinuer et les eaux du Pô montent dangereusement. Dans le brouillard, une péniche dérive sans personne à bord : où est passé Tonna, le batelier ? Étrange. D'autant que la même nuit son frère est retrouvé mort dans un accident suspect. Le commissaire Soneri se plonge dans le passé des deux hommes et exhume leurs lourds secrets. Sur les rives du fleuve, rien n'a été oublié des combats de la Seconde Guerre mondiale. Ni pardonné.

Depuis, je guette avec impatience chaque nouveau titre.

Pour en savoir plus, lire l’excellente page du Monde du Polar consacré à Valerio Varesi et à son personnage ici

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