VISITER HERCULANUM : QUE VOIR, COMMENT S'Y RENDRE ET CONSEILS PRATIQUES
Le premier contact avec Herculanum est assez surprenant. Les vestiges apparaissent au fond d'une immense excavation, entourée par les immeubles de la ville moderne. On mesure immédiatement l'épaisseur des matériaux volcaniques qui ont enseveli la cité. En parcourant les rues, on découvre des maisons dont certains étages sont encore debout, des portes et des poutres carbonisées, mais aussi des fresques et des mosaïques remarquablement conservées. C'est cette proximité avec la vie quotidienne des habitants qui rend la visite si particulière.
Visiter Herculanum : une cité romaine exceptionnellement conservée
Plus petite et plus compacte que Pompéi, Herculanum permet de découvrir la vie quotidienne des Romains à travers ses maisons, ses boutiques, ses thermes et ses lieux de culte. Sa superficie réduite facilite la visite et permet de prendre le temps d'observer les nombreux détails qui font toute la particularité du site.
La première vision du site est assez surprenante. Les ruines se trouvent au fond d’une immense excavation, cernée de toutes parts par les immeubles d’Ercolano. La ville moderne semble littéralement envelopper la cité antique.
Herculanum étant moins vaste que Pompéi, la visite offre donc moins de diversité. Mais sa taille plus réduite permet aussi de découvrir plus facilement l’intimité de la vie quotidienne romaine : maisons, boutiques, thermes, lieux de culte et espaces publics se succèdent sur une superficie relativement réduite. C'est aussi un site touristique beaucoup moins bondé.
QUE VOIR À HERCULANUM
Les maisons, les thermes et les monuments à découvrir
La maison à la Cloison de Bois : elle conserve une exceptionnelle cloison coulissante en bois, ainsi qu’une élégante cour intérieure.
La maison des Samnites : c'est l’une des plus anciennes maisons découvertes dans les ruines de la ville. Les archéologues estiment qu’elle aurait été construite environ trois siècles avant l’éruption du Vésuve, probablement entre le IIᵉ et le Ier siècle avant J.-C. Avec son élégant atrium, ses frises décoratives et ses murs ornés de stucs imitant le marbre, elle témoigne d’une époque antérieure à la domination romaine. Son raffinement laisse penser qu’elle appartenait à une famille aisée, voire aristocratique, de l’Herculanum préromaine. La maison doit son nom aux Samnites, peuple italique qui occupait la région avant la conquête romaine. Elle conserve ainsi le témoignage d’une période où Herculanum était encore profondément marquée par les traditions et la culture samnites.
Le Collège des Augustales : ce bâtiment public était consacré au culte impérial. Ses murs conservent de remarquables peintures murales, qui associent scènes mythologiques et architectures en trompe-l’œil.
Le sanctuaire, dédié à Auguste, abritait le collège des Augustales, des prêtres chargés du culte impérial. Il était notamment composé d’affranchis, auxquels les magistratures étaient interdites. Cette fonction leur offrait toutefois une certaine reconnaissance et constituait une forme d’ascension sociale, entre la plèbe et l’élite municipale.
Au rez-de-chaussée, une vaste salle hypostyle accueillait les assemblées publiques. À l’étage, une tribune appelée matroneum permettait aux femmes mariées d’assister aux cérémonies. Le décor associait le culte de l’empereur divinisé à celui d’Héraklès, considéré comme le fondateur légendaire d’Herculanum.
Les thermes du Forum : séparés en deux espaces, l’un réservé aux hommes et l’autre aux femmes, ils comprennent plusieurs salles, des bassins et de beaux sols en mosaïque, témoins du raffinement des thermes antiques.
Les Fornaci, anciennes arcades du front de mer : ces voûtes, aménagées au pied de la cité, ont servi de refuge à de nombreux habitants lors de l’éruption du Vésuve. Les fouilles y ont révélé les restes de centaines de victimes, figées dans leur ultime tentative pour échapper à la catastrophe.
Le collège des Augustales
Déambuler dans les rues d’Herculanum permet de mesurer à quel point la ville a conservé son décor antique. Les peintures murales ont gardé des couleurs étonnamment éclatantes et les sols en mosaïque témoignent encore du raffinement des habitations.
Au fil de la visite, on imagine facilement la vie quotidienne qui animait autrefois ces maisons et ces boutiques. Les grandes jarres en terre cuite, encore visibles dans certaines échoppes, rappellent qu’elles servaient à conserver les aliments, les épices, les olives, le vin et bien d’autres produits du quotidien.
Cette promenade donne ainsi une dimension très concrète à la découverte : au-delà des ruines, on imagine une ville vivante, avec ses maisons, ses commerces et ses habitants.
L’ANTIQUARIUM ET LE PAVILLON DE LA BARQUE
L’Antiquarium complète la visite du site archéologique en présentant une sélection des objets découverts au cours des fouilles, notamment celles dirigées par l’archéologue Amedeo Maiuri au XXᵉ siècle. On y découvre des amphores, des sculptures, des fresques et de nombreux objets du quotidien qui permettent de mieux comprendre la vie des habitants avant l’éruption de 79. Mais ce qui rend l’Antiquarium particulièrement intéressant est la place accordée aux matières organiques carbonisées mais exceptionnellement conservées par l’éruption : meubles, portes, poutres, outils, cordages, tissus, céréales, fruits et autres aliments.
Une salle est également consacrée aux objets retrouvés auprès des squelettes des habitants qui s’étaient réfugiés dans les voûtes de l’ancienne plage : bijoux, objets personnels et éléments du quotidien qui donnent une dimension très concrète de la vie à cette époque.
L’Antiquarium se trouve dans l’enceinte du parc archéologique, à proximité du Pavillon de la Barque.
Padiglione della Barca - Pavillon de la Barque
Une véritable barque romaine est conservée dans un pavillon spécialement aménagé au cœur du site archéologique appelé le Pavillon de la barque à proximité de l’ancienne plage et au-dessus des voûtes où furent retrouvées les victimes.
Elle a été retrouvée en 1982, au pied de l’ancienne ville, dans la zone du front de mer. Sa présence rappelle une évidence aujourd’hui difficile à imaginer : lorsque Herculanum vivait ses dernières heures, la mer se trouvait juste au pied de la cité.
La barque témoigne aussi de l’importance du littoral dans la vie de la ville. Herculanum était une cité résidentielle appréciée des Romains aisés, mais également une ville ouverte sur la mer, avec des activités liées à la pêche et à la navigation.
HERCULANUM ET L'ÉRUPTION DU VÉSUVE EN 79
La petite cité balnéaire coule des jours paisibles au pied du Vésuve. Sur une vingtaine d’hectares vivent environ 4 000 habitants. Dans les rues se côtoient modestes maisons d’artisans et de pêcheurs, demeures bourgeoises et luxueuses villas romaines, certaines richement décorées et ouvertes sur la mer.
La baie de Naples est alors un lieu de villégiature très prisé des familles romaines aisées. Pompéi, Herculanum et les autres cités du littoral attirent ceux qui viennent y rechercher le calme, la douceur du climat et les plaisirs de la côte.
Le terrible tremblement de terre qui a frappé la région en 62 apr. J.-C. et a endommagé Herculanum et Pompéi n’est plus qu’un souvenir. Les habitants se sont lancés dans d’importants travaux de reconstruction et Herculanum est en passe d'être totalement réparée. De nouveaux matériaux, notamment la brique recouverte de stuc, ont remplacé les anciennes techniques de construction.
Probablement le matin du 24 octobre, rien ne laisse présager la catastrophe. Il y a bien eu quelques signes précurseurs : séismes, mort de centaines de moutons causée par l'« air vicié » dans les environs de Pompéi, effondrement d’aqueducs, mais sans que cela effraie les habitants car les tremblements de terre sont fréquents en Campanie. Dans les boutiques, les commerçants s’affairent. Sur les étals, figues, mûres, grenades, olives et légumes attirent les passants. Dans les ateliers, les artisans travaillent comme chaque jour. Les rues sont calmes. Peu de circulation. Rien qui ne distingue cette matinée des précédentes.
Puis, soudain, le Vésuve explose.
Un vacarme assourdissant déchire le silence. Le volcan libère une quantité prodigieuse de gaz, de cendres et de pierres ponces. Un immense panache s’élève à plusieurs dizaines de kilomètres dans le ciel avant de retomber sur une partie de la région. À Pompéi, les premières retombées sont immédiates. Herculanum, elle, semble encore épargnée. Le vent pousse d’abord les cendres vers le sud. Mais ce répit ne durera pas.
Le pire arrive dans la nuit.
Des torrents brûlants dévalent les pentes du Vésuve. Chargées de cendres, de fragments de roche et de gaz à plusieurs centaines de degrés, ces nuées ardentes avancent à une vitesse vertigineuse. Elles carbonisent les arbres, embrasent les poutres, détruisent le mobilier et tuent ceux qui n’ont pas pu fuir. Puis une nouvelle vague déferle sur Herculanum.
La ville disparaît.
Les coulées pyroclastiques ensevelissent les rues, les maisons et leurs habitants sous une épaisse masse volcanique. Par endroits, le dépôt atteint 15 à 30 mètres d’épaisseur. En quelques heures, Herculanum est rayée de la surface de la terre. Le 25 octobre 79, l’éruption prend fin. La ville reste prisonnière d’une immense couche de matériaux volcaniques qui, au fil du temps, se transforme en roche.
Et c’est précisément ce qui va faire de cette catastrophe l’un des événements archéologiques les plus extraordinaires de l’Antiquité : le volcan ne s’est pas contenté de détruire la ville. Il l’a aussi exceptionnellement conservée. Bois, tissus, mobilier, aliments et autres matières organiques, normalement voués à disparaître, sont parfois restés piégés dans les dépôts volcaniques.
Près de deux millénaires plus tard, une ville entière allait ainsi refaire surface.
LES VICTIMES D'HERCULANUM : UNE CATASTROPHE FIGÉE DANS LE TEMPS
À Herculanum, les archéologues ont mis au jour les restes d’environ 332 victimes, dont près de 300 sous les anciennes voûtes du front de mer, où elles s’étaient probablement réfugiées dans l’espoir d’échapper à l’éruption. Les chairs ont disparu sous l’effet de la chaleur extrême, tandis que les os ont conservé les traces de cette fournaise fulgurante.
Pendant longtemps, on a pensé que les habitants étaient morts étouffés sous les cendres. Les recherches montrent aujourd’hui que lorsque la première nuée ardente atteint Herculanum, un mélange de gaz brûlants, de cendres et de fragments de roche déferle sur la ville à une température estimée entre 300 et 500 °C.
Les habitants, surpris alors qu’ils tentaient de se réfugier près de la mer, meurent principalement d’un choc thermique provoqué par cette chaleur extrême, contrairement à Pompéi où les corps ont été moulés par les cendres après une asphyxie plus lente. Les squelettes portent encore les traces de cette exposition à des températures très élevées, tandis que de nombreux éléments en bois retrouvés dans les maisons ont été carbonisés. Les déferlantes suivantes, encore plus chaudes, ont parfois carbonisé une partie des corps. Les positions de certains squelettes témoignent également des derniers instants des victimes, laissant penser que la mort n’a pas toujours été instantanée.
Il est difficile de savoir combien d'habitants ont réussi à fuir. Aucun bateau n'a été découvert sous les voûtes du rivage, ce qui laisse penser qu'une partie de la population a peut-être quitté la ville avant l'arrivée des nuées ardentes.
POURQUOI HERCULANUM N'A-T-ELLE PAS ÉTÉ ENTIÈREMENT FOUILLÉE ?
Lors de l’éruption en 79, la cité disparaît sous une épaisse couche de matériaux volcaniques qui se solidifient au fil du temps. Des siècles plus tard, une nouvelle ville se développe directement au-dessus de l’antique Herculanum. À partir du Moyen Âge, le nouveau village apparaît dans les documents sous le nom de Resina. Ce nom restera celui de la ville pendant près d’un millénaire, jusqu’à son changement officiel en Ercolano en 1969.
Cette superposition explique une particularité du site archéologique : contrairement à Pompéi, il est impossible de dégager Herculanum dans son ensemble sans toucher aux constructions de la ville moderne. Pour poursuivre les fouilles, il faudrait donc détruire une partie de la ville actuelle.
Resina devient Ercolano
Le changement de nom trouve son origine dans une initiative lancée dans les années 1960 par Alfonso Negro, alors adjoint chargé du tourisme et des sports. Il défend l’idée de rendre à la ville le nom d’Ercolano, afin de renouer clairement avec l’antique Herculanum enfouie sous ses rues. Selon lui, le nom de Resina ne permettait pas aux visiteurs de faire immédiatement le rapprochement avec le site archéologique. À mesure que les fouilles révélaient l’importance exceptionnelle d’Herculanum, cette problématique devenait particulièrement visible, notamment pour les touristes arrivant par la gare de la Circumvesuviana, qui portait encore le nom de Resina. Le changement devient officiel en 1969, Resina reprend ainsi le nom d’Ercolano, en référence à la cité antique.
POMPÉI OU HERCULANUM : QUELLE VISITE CHOISIR ?
On me demande régulièrement lequel des deux sites privilégier. Réponse : les deux ! 😊 Pompéi est idéale pour voir une ville entière et grandiose avec un forum, un grand amphithéâtre et des théâtres, tandis qu'Herculanum, enseveli sous la boue et la lave, a gardé des maisons à étages, des boiseries et de superbes mosaïques. Le choix dépend du temps et de l’énergie dont on dispose : compter une journée entière de visite pour Pompéi et une demi-journée pour Herculanum. Les deux sites sont complémentaires.
Pour ma part, j’ai une préférence pour Pompéi, sans que cela signifie que ce soit « mieux » qu’Herculanum. C’est simplement la dimension de la ville, la possibilité de se perdre dans ses rues et la diversité de ce que l’on peut y découvrir qui me touchent davantage. Même si les squelettes d'Herculanum sont particulièrement émouvants. Mais si vous avez le temps, je vous conseille réellement de visiter les deux : leur comparaison permet justement de mieux apprécier ce qui rend chacune d’elles unique.
Infos pratiques pour visiter Herculanum
💰 Tarifs d'entrée au parc en 2026
- Plein tarif adulte : 16 € (au guichet)
- Tarif réduit (18-25 ans pour les citoyens de l'UE) : 2 €
- Moins de 18 ans : Gratuit (sur présentation d'un document d'identité)
📌 Options et visites guidées
- Audioguide sur place : Environ 8 € à 10 € en supplément
- Visite guidée en ligne ou sur place : Entre 55 € et 70 € selon la formule (petit groupe ou coupe-file avec un guide archéologue)
Le parc archéologique d'Herculanum est ouvert tous les jours de 8h30 à 19h30 du 16 mars au 14 octobre (dernière entrée à 18h00), et de 8h30 à 17h00 du 15 octobre au 15 mars (dernière entrée à 15h30). Le site est fermé le 1er janvier et le 25 décembre.
Plus d'infos et mises à jour : Parco archeologico di Ercolano
☀️🧢👟😎🥤🍕 Il y a très peu d'ombre sur le site, et le soleil tape dur entre les murs. Ne pas oublier : son chapeau, ses baskets, ses lunettes de soleil si besoin et de quoi se désaltérer. Il existe des distributeurs de boissons et de friandises qui acceptent les cartes bancaires ou les pièces (mais pas les deux en même temps) juste avant de descendre sur le site mais pas sur le parcours de la cité.
⌚ Durée de visite : comptez 2 à 3 heures, mais bien davantage pour une visite approfondie.
👨🦽 Accessibilité : le site est partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite. Un parcours aménagé, appelé Ercolano per tutti, permet de découvrir une partie des vestiges, notamment en fauteuil roulant. Mais les pavés antiques, les marches et les différences de niveau rendent certaines maisons difficiles d'accès, voire inaccessibles. Un plan des parcours adaptés est disponible sur le site officiel. Il est conseillé de se renseigner auprès du personnel à l'entrée pour connaître les possibilités de visite.
🅿️ Où se garer pour visiter Herculanum ? Le parc archéologique ne possède pas de parking réservé aux visiteurs. Le plus pratique est le parking municipal payant Herculaneum Parking, situé Via dei Papiri Ercolanesi, 19, à proximité immédiate des fouilles. D'autres parkings privés sont également disponibles dans les rues voisines.
Comment se rendre à Herculanum
🚆En train depuis Naples : le plus simple pour rejoindre Herculanum est de prendre la Circumvesuviana, le réseau ferroviaire qui dessert notamment Pompéi et Sorrento.
Depuis Napoli Centrale, rejoindre la gare Napoli Garibaldi (située sous Napoli Centrale) puis prendre un train de la ligne Napoli–Sorrento en direction de Sorrento ou de la ligne Napoli–Poggiomarino. Descendre à la station Ercolano Scavi. Le trajet s'effectue sans changement jusqu'à Ercolano Scavi, selon le train choisi.
⚠️ Privilégiez la ligne Napoli–Poggiomarino qui s'arrête systématiquement à Ercolano Scavi. Sur l'autre ligne, certains trains ne s'y arrêtent pas, il faut donc bien vérifier avant d'emprunter la ligne Napoli - Sorrento.
Depuis la gare d'Ercolano Scavi, l'entrée du Parc archéologique d'Herculanum se trouve à environ 6 minutes à pied, au 187 Corso Resina.
🚙 En voiture, empruntez l'autoroute A3 Naples–Salerne, puis la sortie Ercolano Scavi. Suivez ensuite les indications vers le parc archéologique.
Mon avis sur Herculanum : ce que j'ai aimé, ce que j'ai moins aimé
🩵🩵 J’ai beaucoup aimé
L'état de conservation exceptionnel des maisons, fresques, mosaïques et éléments en bois.
Les nombreux détails de la vie quotidienne romaine.
Un site à taille humaine, moins fréquenté que Pompéi.
L'émotion devant les squelettes retrouvés sur l'ancien front de mer.
😕 J'ai moins aimé
Un site moins vaste et moins diversifié que Pompéi.
Une certaine répétition dans les découvertes.
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